Musiques populaires et musiques savantes au XVIIIe siècle
recherche et diffusion
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RECHERCHES SUR LES RAPPORTS ENTRE LES MUSIQUES SAVANTES
ET LES MUSIQUES POPULAIRES DES XVIIIe ET XIXe SIÈCLES
APRÈS ÉTUDE DU RÉPERTOIRE POUR INSTRUMENTS À BOURDONS
2 - Dépouillement (suite)
2.2 Les manuscrits
D'une façon générale, les mélodies retrouvées dans les manuscrits sont plus souvent notées à une voix qu'à deux voix. Nous pouvons donc penser qu’ils ont vraiment joué le rôle de "cahiers de musique". Dans nos acquisitions, notons entre autres :
* Recueil d'airs pour la vielle : Ars 2547
* Recueil de musique avec en introduction une méthode de vielle : Rés. 1177
* "Recueil de contredanses transposées pour la viele" : Vm7 3643 (avec B.C.)
* Manuscrit anonyme d'airs à une voix pour vielle, dédié à Mme de Sénozan : L 12847
* Manuscrit du fonds Maubert : Musée d'Art et d'Histoire locale de Grasse
Prenons l'exemple d'un air anonyme "le menuet de la trompette" :
 
1 -  Sous la dénomination de "Menuet de la trompette", à une voix (Rés. 1177 p.79)
2 -  Sans nom, à une voix (Ms 2547 p. 206) avec des ornementations différentes
3 -  Sans nom, harmonisé à deux voix égales
(Musée de Grasse Ms du fonds Maubert)
4 - 
Sous la dénomination de "Menuet", harmonisé à deux voix égales, la seconde étant moins élaborée que celle du Fonds Maubert.
(D 11640 "6e recueil de vaudevilles…" E. Ph. Chédeville)
5 - Sous la dénomination de "Menuet de la trompette" mais pour une autre mélodie (Rés. 1177 p. 76)
Autre exemple : la contredanse "le Prince Georges" est notée à une voix dans le Manuscrit 2547 et harmonisée à deux voix égales dans le "7e recueil de vaudevilles″,... d'E. Ph. Chédeville.
Même procédé pour l'air de la "petite Jeanneton" qui lui, se retrouve dans le 2e recueil et dans le manuscrit de contredanses Vm7 3643, à 3 temps, et le manuscrit 2547, noté en 6/8. Lorsque cet air est noté dans un recueil de brunettes d'une édition plus ancienne, semble-t-il, le titre était alors "Hélas pourquoi s'endormait-elle ?" et le texte avait le même thème que la chanson "paillarde" connue aujourd'hui sous le titre "Jeanneton prend sa faucille".
Dans ces manuscrits, se trouvent aussi des airs de compositeurs connus qui ont été transcrits pour la vielle.

Carillon de Cythère - Couperin
Exemple : le Manuscrit 2547, dans lequel une vingtaine de pièces de clavecin de François Couperin se juxtaposent avec :
-
un très grand nombre de timbres de brunettes (une quarantaine)
des airs de danses comme branle, rigodon, marche, fanfare, gigue, bourrée, gavotte, tambourin, bourrée provençale…
des pièces du célèbre vielleur virtuose Danguy

musette - Mr Danguy
des noëls
des contredanses
- et des menuets en très grand nombre et
de style musical très diversifié 

menuet 2e moitié du XVIIIe siècle

Dans ce très important manuscrit de 259 pages, il semblerait qu'il y ait eu trois copistes différents, dont l'un en a écrit la presque totalité et les deux autres, à part quelques exceptions, les dix dernières pages.
Après avoir dépouillé les manuscrits Ars 2547 et Rés. 1177, nous avons la preuve qu'ils ont été écrits au XVIIIe siècle pour la vielle : 

airs pour vielle - méthode manuscrite
dans le premier, nous trouvons des titres
tels que "Noël à deux vielles"

à la venue de noël - pour deux vielles
et le second commence par un traité de vielle.

Par contre, pour le manuscrit L 12847, rien ne nous prouve qu'il ait été vraiment écrit pour la vielle, encore qu'il corresponde complètement à la tonalité et à la tessiture de celle-ci au XVIIIe siècle.
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